87 ans moins 10 jours aujourd’hui… Kenavo Mamie !

Tu aurais traversé 87 automnes ce 12 novembre 2015, mais ton cœur sur la main a lâché 10 jours avant. Je n’ai pas eu le courage de prononcer quelques mots pour te raconter à l’église jeudi dernier. J’ai laissé, comme les autres, les diacres bénévoles – même l’Église est victime de la crise – se tromper largement dans ta biographie. Je ne t’ai pas reconnue dans la cérémonie. Mais l’institution catholique n’est pas ma chapelle. C’est pourquoi je t’accueille aujourd’hui dans mon autel. J’ai toutefois tenu la chandelle, en silence autour de la boîte qui abrite ton dernier sommeil.

Sur cette boîte était posé ce portrait que j’ai tiré en avril dernier. Je ne pensais alors pas que ton salut pourrait être le dernier. Je suis venue avec cette photo te visiter. Trois jours avant que ton dernier souffle soit expiré. Il est parti avec toi dans l’au-delà. Au fond du trou, c’est à lui que j’ai adressé un dernier coucou. Ainsi, c’est ce sourire que je garde de toi. Cette image de la grand-mère affable qui aimait à raconter des fables. La plus mémorable demeure l’histoire de « de la jeune damoiselle, souple comme l’oiseau que l’on appelle le bœuf »…

Je ne t’ai pourtant pas laissée partir sans un mot. Avant de te livrer à la foule attristée, j’ai pu te voir sur ton lit d’éternité, dans ce hangar, affreux mouroir d’où l’industrie funéraire tire ses dollars. Je n’étais pas préparée. J’avais apporté du papier mais je n’ai rien pu y coucher. Jusqu’à apercevoir la boîte de mouchoirs posée dans un coin du salon aseptisé. J’ai saisi ce papier mou pour t’écrire un mot doux :

« Mamie Gros Yeux,
Comme j’aimerais que ce sobriquet que tu n’as jamais apprécié de trop,
Puisse aujourd’hui te faire sortir du tombeau.

Je n’oublierai jamais les cueillettes de noisettes, l’été
Ni les petits-déjeuners que tu nous servais au lit, comme des princesses,
En compagnie de Yuca que j’espère, qu’où que tu sois, tu retrouveras. »

Je ne me souviens plus des termes exacts mais puisse ce message demeurer intact, sur ton cœur arrêté, là, où je l’ai déposé.

Je partage ceci, pour mon père et ses frères, qui n’ont pas eu le cœur à parler de leur mère dans la maison du Saigneur, pour ma mère qui aurait voulu que j’eusse cette ferveur, pour mes sœurs… Et pour tous ceux qui de te connaître n’ont pas eu l’heur ni celui de goûter tes crêpes au beurre. Ne parlons pas de ton gâteau breton qui ferait un malheur sur Marmiton !

Kenavo Mamie.

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2 thoughts on “87 ans moins 10 jours aujourd’hui… Kenavo Mamie !

  1. Je me souviens : des vacances d’été, du car pour aller à Concarneau, du bac du Passage pour aller à la ville close manger des glaces à l’italienne, de Mille Choses et ses ptits souvenirs, des visites à tes amies et à Mémé Zoé(et des anecdotes qui vont avec !), de la Garenne, de ton jardin fleuri, de Yuca, de Babou.
    Je me souviens : des autres vacances quand tu venais à Loperhet nous garder, de la cueillette des noisettes à Ste Brigide avec Marie Maria et Toutou, des spectacles de marionnettes en pots de yaourts qu’on préparait à Noël, de ta technique infaillible pour ramasser les berniques à Kersanton !
    Je me souviens : de tes boulettes de viande hachée, de ton gâteau breton (ma madeleine de Proust sans conteste), de tes crêpes au chocolat, du Régilait dans le chocolat chaud, du Citror, du pain doux.
    Je me souviens : de ton sourire, du plaisir que tu avais à nous voir arriver rue St Riou, de tes câlins et bisous, de ta fierté de nous voir grandir.
    Je me souviens de tellement de choses encore !
    Pour le reste, Marie a tout dit : nous n’avons pas osé prendre la parole à l’église, peut être avons nous eu tort.J’espère que tu ne nous en veux pas. Sache que, même en silence, nous t’avons honorée.
    Merci pour tout Mamie
    Repose toi bien
    Je t’aime

  2. Je profite de cette super idée qu a eu Marie,pour moi aussi te laisser un petit message.
    Pendant la cérémonie religieuse j’avais prévu de lire ce petit message… Mais les diacres m’ont tout simplement oublié 🙁

    Je me rappelle encore de ces journées,
    Lorsqu’avec mes petites sœurs,
    Nous allions nous promener:
    Remplissant nos sacs de framboises,marrons et châtaignes
    Que tu nous aidais à ramasser.

    J’aimais t’entendre raconter
    Les anecdotes de ton passé
    Bien souvent on se mettait à rigoler
    Et tes fous rires,dans ma tête resteront ancrés

    Femme au grand cœur,
    Tu m’as recueillie dans ta demeure
    Sans hésiter tu m’as protégée comme une mère
    Pour la mémoire et l honneur de ton frère

    Si je suis devenue la femme que je suis aujourd’hui
    C’est aussi grâce à toi
    Alors encore une fois,je t’en remercie
    Je t’aime et t’aimerai toujours
    Au revoir,ma très chère Tata.

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