A Coruña, où la mer laisse béton…

C’est la première fois que je prends le bus en deux mois et demi. En quittant Muixa, je regarde par la fenêtre le paysage maritime s’éloigner sous la pluie diluvienne qui s’est mise à tomber au moment même où je mettais un pied dans le bus. Le paysage défile. Bizarre sensation d’être étrangère à ce mouvement. Un arc-en-ciel se forme. Un cormoran suit le bus en volant. J’ai l’impression que la nature me fait une fête d’adieu alors que je quitte ce pays des merveilles pour rejoindre A Coruña (La Corogne, en V.F.), drôle de cité galicienne où les tours de béton plongent directement dans la mer.

Dur retour à la réalité urbaine. Ma silhouette de pèlerine détonne parmi les blocs de ciment. Mes bâtons de marche glissent sur l’asphalte. Je pars traîner mes guêtres et mon sac à dos sur le port où la densité humaine diminue pour faire place au règne des goélands qui disputent la ville aux habitants. En leur compagnie je scrute l’océan. Çà et là, des pêcheurs bravent les vagues qui se brisent sur les rochers d’où ils s’élancent pour jeter leurs lignes. J’erre, sans but, attendant le soir et le bus de nuit qui me conduira à Bilbao où je dois prendre le ferry…

 

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