Portsmouth, entre Bilbao et St-Malo

J’ai choisi de rentrer par la mer car, même après avoir « péleriné » jusqu’à Santiago, je ne suis toujours pas capable de marcher sur l’eau. Ainsi ai-je pu regarder tranquillement la mer défiler par le hublot de la cabine, plutôt luxueuse – obtenue au « tarif pèlerin » (environ 75 euros) pratiqué par Brittany Ferries – sans avoir les pieds qui me démangent. Je comptais au départ profiter du passage de pèlerins offert pour 60 euros par une compagnie de porte-conteneurs entre Santander et Saint-Nazaire. Mais cette traversée n’est plus effectuée par la compagnie depuis septembre 2014 (quel timing !). Parait-il que, l’industrie automobile française étant sur le déclin, les pièces détachées qui circulaient entre les deux villes n’avaient plus de raisons d’être acheminées… Les ouvriers de la compagnie avaient entamés un mouvement de grève au moment où j’étais sur le camino. Je ne sais pas ce qu’il en est aujourd’hui…

Pour les habitants de l’Ouest de la France, il reste donc une alternative au bus, lent et bien plus fatigant que deux mois de marche : Brittany Ferries qui pratique un tarif spécial pour les pèlerins de Compostelle. Attention cependant : le trajet n’est pas direct. Il existe deux lignes au départ de l’Espagne : Santander -> Plymouth et Bilbao -> Portsmouth. La première est fermée l’hiver. Sur la seconde, il y a un arrêt technique à Roscoff, tout près de Brest, ma ville natale, mais seulement dans le sens de l’Angleterre vers l’Espagne. L’escale anglaise est donc obligatoire avant d’accoster en Bretagne – ce qui n’était pas pour me déplaire. Seul bémol : la deuxième traversée ne bénéficie pas du tarif pèlerin et, bien que plus courte, elle coûte presque le double du trajet entre l’Espagne et l’Angleterre.

Mais revenons à cette belle journée passée à marcher le long de la côte de la charmante Portsmouth. Mes pas m’ont d’abord conduite vers la St. John Cathedral, en bord de route, puis sur les dockyards historiques, avec leurs musées et bateaux qui se visitent. N’ayant retiré que 20 livres pour la journée – et le Royaume-Uni étant bien moins bon marché que l’Espagne – je me suis contentée de me balader dans les espaces accessibles gratuitement. J’ai ensuite continué vers le port de plaisance, la Royal Garrison Church, puis, après une pause obligée au pub, vers les grèves avec leurs traditionnels « piers ». J’ai marché jusqu’à la limite de la ville pour atteindre le pier de Southsea qui a dû faire la joie des vacanciers dans les années 70, mais est aujourd’hui en ruine, livré aux mouettes et goélands qui pullulent aux alentours…

 

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