Le Phénis de Cu Chi

Vietnam-jour 12 : « Comment j’ai rampé dans les tunnels de Cu Chi », 18 juin 2015

Le phénix renaît toujours de ses cendres ?…

Non loin de Cu Chi, située à 50 km d’Hô Chi Minh-Ville, on peut visiter des tunnels qui ont contribué à la victoire du Vietnam Nord sur le Vietnam Sud. Là-bas, se sont pas moins de 200 km de passages souterrains, sur 3 étages (le premier à 3 mètres, le deuxième à 6 mètres et le troisième à 10/12 mètres, sous terre), qui ont été creusés à la main pour servir de refuge à 18 000 paysans guérilleros. Pendant des mois, ils ont vécu dans ces tunnels où des cuisines (la fumée était évacuée à plusieurs kilomètres de distance grâce à un système de chambres), des hôpitaux, des chambres à coucher et des salles de bain avaient été aménagés.

Aujourd’hui, on peut visiter une toute petite partie de ces tunnels qui ont été agrandis pour permettre aux touristes de les emprunter. J’y suis allée et j’ai rampé ! Je peux vous dire que, même élargis, ces tunnels sont difficiles d’accès. Il y fait une chaleur à crever et il est très dur de se déplacer, plié en deux.

Guide dans les tunnels de Cu Chi

J’ai effectué ce pèlerinage en compagnie de mon ami et guide Ré et de deux touristes américaines, dont l’une a refusé de se séparer de son épais sac-à-dos, malgré les conseils du guide, peu loquace. Elle aurait bien fait d’écouter les rares paroles prononcées par le chef de file, peu aimable dans son habit militaire. En effet, si la première portion de tunnel a été passée sans encombre, la seconde campagne de rampement fut un vrai calvaire. Dernière à descendre dans la galerie, je me retrouvai coincé derrière ledit sac-à-dos, trop gros pour passer avec sa propriétaire qui est partie dans une crise de panique. Le plus drôle fut le moment souvenir, où, souhaitant immortaliser son effort de warrior, en prenant une galerie à la croisée des tunnels, elle poussa un hurlement d’effroi : il y avait des chauves-souris dans le souterrain d’en face… Chauves-souris qu’elle a dérangées et qui se sont mise à voler un peu partout dans la galerie où seule restait bibi qui commençait à mourir de chaleur. Et, si les chauves-souris ne me dérangent pas – non, elles ne vont pas s’attaquer à tes cheveux, elles sont plutôt occupées à éviter les obstacles, dont tu fais partie, malgré leur récente surdité causée par un cri strident – je suis, en revanche, un chouilla claustrophobe… Autant dire que j’ai passé un sale quart d’heure ! D’autant que le guérillo à l’avant rampait à un pas militaire et qu’il était impossible de faire demi-tour, quand bien même, je commençais à manquer d’air…

Ainsi ai-je eu une démonstration en direct du traquenard que constituaient ces tunnels pour les GIs américains, eux aussi chargés de lourds sac-à-dos. Beaucoup y ont laissé la vie, soit en restant coincés en essayant d’y entrer, soit en tombant dans les pièges et chausse-trappes dont ils regorgeaient. Et je précise que le moment Rambo pour les touristes consiste simplement à ramper dans deux minuscules portions de galeries élargies. La première, c’est à peine si on la sent passer, la deuxième doit représenter une reptation sur une distance de 100 mètres grand maximum. Donc, si on n’en a pas vraiment pour son argent – les tunnels de Cu Chi restent un attrape-touristes plutôt onéreux – l’expérience de quelques minutes à plat ventre dans ces galeries donne une idée de l’horreur de cette guerre en sous-sol et de la résistance des troupes Viêt-cong de l’oncle Hô… L’arnaque vaut donc quand même le détour.

Revenons à mon phénix qui se trouve dans le temple à la sortie du tunnel, érigé à la mémoire des combattants du Viêt-cong morts dans les galeries qu’ils ont creusées. Leurs noms sont gravés en lettres dorées sur les murs du temple. Ces « graffitis » dont on ne voit ici qu’une infime partie recouvrent l’intérieur du temple consacré, non pas à Bouddha, mais à Hô Chi Minh puisqu’une immense statue à son effigie trône fièrement à la place habituellement réservée au dieu à grandes oreilles. Mais, attention au blasphème ! Aucune photo – c’est la première chose que l’on vous dit à l’entrée – de la réplique géante de l’oncle Hô ainsi que de tout ce qui se trouve à sa droite n’est autorisée. Seule ce qui se trouve dans l’aile du phénix est photographiable… Les voies du communisme sont impénétrables…

 

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