Musée d'Ho Chi Minh-Ville

Vietnam-jour 4 : « Death raw » 10 juin 2015

Le musée de Hô Chi Minh-Ville est un palais colonial bâti par Alfred Foulhoux (le même que pour la Poste centrale) qui, bien que conçu pour être un musée, a d’abord servi, à la fin des travaux dans les années 1880, de résidence au gouverneur d’Indochine. En 1963, le président du Sud-Vietnam Ngô Dinh Diêm et son frère, acculés par un coup d’État, s’enfuient du palais par un tunnel pour être rattrapés, puis exécutés quelques heures plus tard.

Aujourd’hui, le musée – qui tient plus du cabinet de curiosité que de l’institution de Malraux – présente l’histoire de la localité appelée Gia Dinh, puis Saigon, avant de devenir Hô Chi Minh-Ville. Ainsi cartes, vêtements, reliques de guerre, etc. s’étalent sur deux étages dans un bric-à-brac (organisé ?) Il y a même des avions de guerre dans le jardin. Mais, ce qui m’a fascinée, c’est l’architecture « nue » (raw pour faire amerloque) et ces longs couloirs (row, pour le jeu de mot) avec ces enfilades de portes qui semblent ne mener nulle part et ce beau pavement qui ne fait qu’amplifier la sensation de vide. Les fenêtres, volontairement surexposées, répondent aux portes comme un miroir du vide. Elles sont pourtant là, ouvertes, comme une échappatoire à la perspective qui nous attire irrésistiblement vers le noir. Les frères Diêm savent que la lumière n’est pas toujours au bout du tunnel…

 

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