La Prière

Vietnam-jour 8 : La prière, 14 juin 2015

Je pars avec Ré, mon guide de 17 ans, faire un tour des pagodes d’HCMV qu’il a sélectionnées pour moi. La première se situe au delà de la « route qu’on ne traverse pas », dans un district excentré que je n’ai pas encore visité : le district 9. J’y reviendrai, plus tard, pour me faire (un tout petit peu) couper les cheveux et (beaucoup) manucurer. C’était la première fois que je laissais quelqu’un prendre « soin » de mes pieds et mains. On ne m’y reprendra plus : j’ai fini en sang, l’esthéticienne autodidacte accusant ma conseillère beauté Mi de ne pas l’avoir prévenue de l’extrême sensibilité de ma peau. En même temps, quand on la charcute, sensible ou pas, la peau, elle saigne…

Mais revenons à notre pieuse brebis. Les Vietnamiens, contrairement aux Indiens ou aux Chinois, comptent au moins une femme au panthéon des divinités qu’ils vénèrent. Attention cependant, même si les guides anglophones peuvent l’appeler « Lady Bouddha », elle n’est pas un bouddha à proprement parler – idem pour « (Fat) Smiling Bouddha » – car il n’y a qu’un seul et unique Bouddha « historique ». Les autres sont des « éveillés » (signification du terme sanskrit buddha) qui ont atteint le nirvana, en suivant la voie de Shakyamuni, le Bouddah historique. Ils sont reconnus et vénérés mais n’ont pas le même statut. Il est extrêmement compliqué de s’y retrouver parmi la galerie de divinités, dragons et guerriers vénérés par les Vietnamiens – qui se déclarent « bouddhistes » pour la plupart ce qui implique quatre jours de végétarisme strict (miam !) par mois – car leur bouddhisme est en fait un syncrétisme de confucianisme, de bouddhisme et de taoïsme recouvrant d’anciennes croyances aux esprits et aux déesses.

J’ai donc capturé cette « lady bouddhiste » dans la paisible pagode du district 9 qui doit porter un nom relatif aux tortues qui nagent au ralenti dans le grand bassin à l’entrée. Je sortais de la pagode où il faisait sombre – j’avais donc les réglages en conséquence. J’étais en train de remettre mes chaussures – il faut se déchausser devant Bouddha – quand les moines ont sonné le gong. Cette femme qui porte la tunique marron des bouddhistes pratiquants s’est alors agenouillée pour prier. J’ai alors dégainé l’appareil et augmenté la vitesse d’obturation afin de ne pas griller la photo car dehors, il faisait grand soleil…

 

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